Chapitre 3 : Ravin de l'Orry - Escaro

 

Nous avons trop aimé les étoiles, pour avoir peur de la nuit. (Epitaphe citée dans Cosmos par Carl Sagan, astronome américain 1934-1996)

- Une nuit à la belle étoile dans les étoiles !

A minuit, je me réveille en sursaut. Un mauvais cauchemar où je me vois glisser sur la glace, glisser encore, puis tomber dans une crevasse sans fond ! Je mets quelques secondes avant de réaliser où je suis. La pluie a redoublé d'intensité. Il tombe un crachin dru, lequel, malgré mon poncho, réussit à s'infiltrer sournoisement à l'intérieur de mes vêtements. Dany est couchée et dors sur le côté dans la position du fśtus. Ses pieds sont trempés et je tente en vain de descendre son poncho pour les recouvrir. Je finis par me résigner à lui poser ma veste en gore-tex sur ses jambes et ses pieds qui traînent maintenant dans la boue. A force de piétiner toujours la même surface, la mousse a fini par se transformer en une glaise collante.

Peu après le col de Mantet

Il ne fait pas froid. Je me lève car je n'arrive plus à trouver le sommeil et je crains par-dessous tout de répéter ce mauvais cauchemar. Mais éveillé, ce n'est pas mieux car dans ma tête, je ressasse toujours les mêmes choses et je m'en veux de ne pas avoir su faire demi-tour dès les premières plaques de neige. Je pense à Jérôme et à Carole et à tous mes proches. Je pense à l'inquiétude que notre disparition va engendrer. Nous avons bien tenté de les appeler mais coincés que nous étions au fond de ces maudites gorges, les communications ne passaient pas.

Je me dis que nos enfants doivent maintenant être informés de notre appel au secours car en général, ils appellent souvent le dimanche soir pour avoir des nouvelles de nos sorties pédestres. Ce n'est pas la première fois que l'on se perd mais jusqu'à présent, nous avions toujours retrouvé notre chemin. Deux fois, nous avions été pris dans le brouillard : la première fois, dans les Albères, nous étions redescendus sur le versant espagnol à vingt cinq kilomètres de notre voiture et une deuxième fois, aux Madres, nous avions marché trois heures de plus dans le froid et sous la pluie avant de rejoindre notre véhicule.

En montant aux Très Estelles, vue sur la village de Py et la vallée de Rotja

Aujourd'hui, je m'en veux aussi, de ne pas avoir acheter un GPS comme je me promettais de le faire depuis ces deux tristes expériences.

Je me recouche, mais l'inconfort, toutes ces réflexions et ces mauvaises pensées me tiennent en éveil. Oh non, je ne m'inquiète pas pour moi, car je me sais capable de remonter ce défilé et de trouver une issue. Mais, je stresse à cause de Dany qui ne veut plus bouger et à l'idée de l'anxiété que va susciter notre disparition auprès de notre famille et de nos amis.

 

Quelquefois, j'essaie de m'assoupir car je me dis aussi que pour déguerpir de ce trou, il faudra que je sois en forme. De temps en temps, Dany se réveille et cherche en tous sens, un brin d'aisance qu'elle ne trouve pas. Il est vrai que la pluie qui continue de tomber sans arrêt rend notre rudimentaire terrasse bien inconfortable. Des branches d'un petit pin qui se trouve juste au dessus de nous, l'eau tombe à grosses gouttes sur nos têtes. Nous glissons en permanence sur la roche mouillée et la glaise à cause d'une légère inclinaison du sol. Nous avons beaucoup de mal à garder nos sacs sous la tête et en glissant, nos pieds finissent par s'accrocher dans les branches piquantes d'un genévrier très touffu.

Les seuls vrais moments de répit, je les passe debout à grignoter, car heureusement, nos provisions sont abondantes.

Tout compte fait, la nuit est passée très vite. Il est déjà six heures et malgré le temps maussade, une légère clarté apparaît dans le vallon. Les cimes sont encore dans les nuages, mais le brouillard a disparu et j'arrive partiellement à distinguer la forêt et les éboulis que nous avons descendus hier après-midi. Peu à peu la nature s'éveille. J'observe une mésange jaune et noire qui volette de buisson en buisson. Elle vient se poser près de nous sur le genévrier et ne semble pas effarouchée par notre présence. Excepté le bruit du torrent et les chants de quelques passereaux, la forêt est parfaitement calme. Malgré le mauvais temps et tout ce qui nous arrive, je me dois de reconnaître que dans cette parfaite quiétude et dans ce matin vaporeux, la nature reste belle en toute circonstance. J'éprouve un certain bien-être à me trouver ici à cet instant.

Au sommet, avant le cauchemar, Dany est encore confiante

7 h30, Dany se réveille. Comme toujours, elle a dormi plus longtemps que moi et je lui propose un café accompagné de quelques biscuits. L'eau du thermos est encore légèrement tiède.

Tout en mangeant, je lui fais part de mes intentions de partir d'ici. En effet, le ciel est tellement plombé que je sais pertinemment que l'hélicoptère ne viendra pas.

Je lui dis qu'il faut que nous comptions que sur nous-mêmes et je lui propose que nous remontions une partie du défilé jusqu'au panneau " chasse gardée " aperçu hier. Là, je suis persuadé, qu'en insistant un peu plus longtemps, nous trouverons un échappatoire. Mais elle ne cesse pas de répéter : " les secours m'ont dit de ne pas bouger d'ici et je ne bougerai pas ". Et elle rajoute aussitôt : " si l'on entre dans la forêt, nous ne serons plus visibles ! ".

Nos deux théories s'affrontent : elle n'a pas tort et son point de vue est respectable, mais je ne pense plus qu'à une chose : bouger et sortir de ce trou et de ce cauchemar.

Alors que notre discussion s'enlise, je lui dis : essaie de rappeler les secours, peut-être que dans la nuit, la batterie s'est un peu rechargée !

Elle sort le téléphone portable du sac et me dit : il semble effectivement s'être un peu rechargé, je vais essayer ! Il fonctionne s'exclame-t-elle !

-Allo, nous sommes les randonneurs égarés, l'hélicoptère est passé deux fois au dessus nous hier soir après 20 heures. Mais pourquoi, reste-t-il au dessus d'Escaro alors que nous sommes dans le ravin ?

Pendant qu'elle parle, je lui dis :

-Ne lui parle plus d'Escaro, j'ai réfléchi cette nuit, je ne suis plus aussi confiant qu'hier et je ne sais pas où nous sommes !

Elle continue à parler :

-Venez vite nous chercher, car mon mari est fatigué ! Moi ça va !

Je l'engueule :

-Arrête de raconter des conneries, ce n'est pas ça qui les fera venir plus vite !

Elle continue de parler :

-Quand allez-vous venir ? Il pleut et il commence à faire froid, j'en ai assez ! Faites vite !

La communication se coupe et elle me dit immédiatement :

-Il ne faut pas qu'on bouge d'ici, car il cherche à nous repérer à l'aide du téléphone portable et il nous envoie des secours. Il faut mettre du linge de couleur en évidence !

-Tu es complètement folle de leur avoir dit que j'étais fatigué. Si les enfants sont près d'eux, ils vont " baliser " encore plus !

-Comme ça, ils viendront plus vite !

-Ne sois pas stupide, ce n'est pas en leur faisant peur qu'ils pourront nous trouver plus rapidement ! D'ailleurs, quels secours veux-tu qu'ils envoient ? Avec ce temps, je suis certain que l'hélico ne décollera pas et de toute manière, s'il vient, il ne prendra pas le risque de descendre au dessous des nuages! Le plafond est bien trop bas !

-Nous n'avons pas d'autres choix que d'attendre !

-Avec ce temps, nous devrions décamper d'ici, tu sens comme la température a fraîchi !

-Non, tu ne me feras broncher d'ici ! J'attends les secours, j'ai cru comprendre qu'il était en liaison avec d'autres services d'intervention.

J'abandonne cette discussion stérile car en la circonstance, je n'ai vraiment pas envie de me disputer.

Pitons rocheux et éboulis surplombent le ravin

- Et si nous quittions les étoiles ?

Pourtant, au fur et à mesure que la lumière du jour s'installe dans le ravin, je ne pense qu'à bouger, qu'à " foutre le camp " d'ici. De rester de la sorte, assis, inerte, sous la pluie que ne cesse de tomber, je me sens inutile. J'éprouve un sentiment d'impuissance que j'ai du mal à supporter.

Je regarde les éboulis et dit à Dany :

-Je les monterai bien ces éboulis ! Et toi ?

-Non.

-Bon écoute, il continue à pleuvoir sans arrêt, la température est déjà descendue de quelques degrés, je vais partir voir dans les parages si je trouve un abri, une grotte, enfin quelque chose où s'abriter.

-Non, reste là !

-Ecoute, je ne vais pas m'éloigner, mais c'est inutile d'attendre sous cette pluie qui nous trempe jusqu'au os, si je peux trouver un endroit où nous protéger !

-Où va tu ?

-Je vais commencer par monter au dessus. Ca m'a l'air accessible !

-Fais attention de ne pas tomber ! C'est mouillé !

-Ne te fais pas de souci, je vais faire très attention !

Je commence à monter rapidement car au départ l'ascension est facile à travers une végétation plutôt rase. Je me faufile à travers les buis, les genévriers et quelques pins chétifs qui s'accrochent péniblement à un peu de terre. Les pitons rocheux se succèdent. De temps en temps, je m'arrête sur l'un d'eux et regrette de ne pas avoir été là quand l'hélicoptère est passé hier soir. Je m'assoie, regarde vers Escaro que je n'aperçois pas, tant la brume est redevenue épaisse et je me dis : C'est maintenant que l'hélico devrait venir ! Mais je ne me fais pas d'illusion, avec ce temps, nous ne sommes pas prêts de le voir apparaître.

Malgré le drame que nous vivons au fond du ravin, la montagne reste belle

J'aperçois Dany en contrebas, je me suis hissé d'une soixantaine de mètres, mais sans trouver le moindre abri. Au dessus moi, je n'ai pas une bonne perspective du site car les arbres sont plus nombreux et barrent la vue, mais la paroi rocheuse semble se prolonger. Je tente de continuer mais cela devient plus dangereux, les rochers constitués de lauzes sont lisses et mouillés et deviennent plus difficiles à franchir. Je regarde encore au dessus mais je ne vois aucune grotte et quand bien même, Dany ne viendra jamais jusqu'ici ! Prudemment, je me résigne à redescendre, tout en regardant autour ou en face de moi sur l'autre versant du ravin, si j'aperçois un abri. Il y a bien une toute petite grotte en face dans le bois d'épicéas, mais trop exigu et surtout trop basse pour contenir nos deux carcasses.

La descente reste périlleuse!

De plus, claustrés dans ce sous-bois, nous deviendrions complètement invisibles aux éventuels regards de secouristes. La pluie a enfin cessé. J'ai rejoint Dany qui reste prostrée sur son minuscule belvédère. Comme je ne tiens pas en place, je la laisse tranquille. Je redescends au niveau du torrent que je commence à remonter sur la droite. Mais là aussi, je ne trouve aucun refuge. De ce côté, les contreforts du ruisseau sont boueux et à nouveau, je patauge et m'empêtre dans une terre argileuse. Je prends le temps d'observer une grosse salamandre tachetée puis je continue ma quête en slalomant à travers les branches basses de quelques feuillus, tantôt à droite, tantôt à gauche du torrent. Quand je reviens à notre plate-forme, pour avoir cogné les branches dont les feuilles sont chargées d'eau, j'ai la tête aussi trempée que si j'avais pris un bain.

Je m'éponge un peu et reprends ma place à côté de Dany. Je ne dis plus rien mais je ne suis pas résigné. La pluie a cessé mais les nappes d'une brume vaporeuse ont fait leur réapparition. Toujours de l'aval vers l'amont, elles filent en direction du pic, laissant de temps à autre, se dévoiler, lors d'une brève éclaircie, ce paysage à la fois boisé, chaotique et pierreux.

Les secondes, les minutes et les heures s'égrènent. Aucun bruit d'hélicoptère ne vient troubler cette attente angoissante. Uniquement le bruit du torrent et de quelques corbeaux qui croassent très haut, près des cimes. Dans le lointain, de temps à autre, les aboiements d'un chien arrivent jusqu'à nous. Ils viennent, avec bonheur, nous rappeler que nous ne sommes pas très éloignés de la liberté et de la civilisation.

Vers midi, la pluie a complètement cessé de tomber. La voûte nuageuse est moins basse et nous entrevoyons, de temps en temps, les cimes des hautes murailles rocheuses qui nous entourent. Si le temps continue à se découvrir ainsi, j'ai bon espoir que l'hélicoptère puisse venir dans l'après-midi. Par contre, la température a chuté d'au moins sept à huit degrés et pour la première fois, nous avons froid dans nos vêtements mouillés.

Je ne cache pas mon inquiétude à Dany, si nous devons passer une nuit supplémentaire. Je lui pose même l'ultimatum suivant : Si les secours n'arrivent pas à nous trouver avant demain matin, je décampe d'ici quelque soit le temps et son choix personnel. Elle ne répond pas, mais en raison du froid qui s'installe, je comprends bien qu'elle pense comme moi et qu'elle appréhende, elle aussi, une nuit supplémentaire à la belle étoile. De plus, je m'aperçois qu'ayant changé de sac à dos, je n'ai pas les deux ou trois petits briquets qui traînent habituellement au fond des poches. La poisse nous poursuit car nous n'avons aucun moyen d'allumer un feu pour nous réchauffer si le besoin s'en fait sentir.

Les éboulis qui se trouvent en face de nous, légèrement sur notre gauche continuent de m'obséder. Pour passer le temps, je les observe en détail, pierre par pierre, rocher par rocher, de bas en haut puis de haut en bas. Plus je les regarde et plus je me convaincs que nous pouvons les monter et qu'il s'agit de la meilleure échappatoire pour fuir d'ici. Ce n'est pas très loin, ils ne paraissent pas très hauts, peut-être trois ou quatre cent mètres et si le regard que je porte sur mon plan est juste, il y a une maison forestière (Founguéré) et une piste au bout de ce " chemin de croix".

Mais plus j'en parle à Dany et plus elle semble être décourager pour procéder à la moindre tentative. Sur le coup, ça me démoralise mais je me dis que si je dois la laisser seule ici, c'est peut-être la solution la plus rapide pour aller chercher du secours. Dans ma tête, je prends la résolution suivante : " Si demain matin, nous sommes encore coincés ici, c'est par là que je partirai ! ".

 

L'hélicoptère passe juste au dessus de nous sans nous voir (**)

- Enfin, une bonne étoile !

Recroquevillé sur moi-même, la tête dans les genoux, ces pensées d'évasion lancinantes me hantent continuellement. Je ne pense plus qu'à ça, partir ! Mais, si je suis bloqué dans ce ravin, je suis également prisonnier de mes états d'âme. Partir et aller chercher des secours et laisser Dany seule ici ! Ou bien, rester là, ici avec elle, avec ce sentiment d'inutilité, de faiblesse et d'impuissance.

Rêvons-nous ? Soudain, nous entendons des cris : Ohé !!! Ohé !!!. D'un seul bond, on se lève.

-Tu as entendu, toi aussi ?

-Ouais. Ce sont des hommes qui ont crié !

-D'où viennent ces cris ?

-D'en face, je crois, du côté des éboulis !

-Je ne vois rien !

-Oui, ça y est, je les vois, regarde là haut, il y a deux hommes qui descendent !

-Tu crois que c'est les secours ?

-Oui je crois bien !

Et elle se met à pleurer de joie en disant : Ils nous ont trouvé ! On est sauvé !

Les deux hommes descendent les éboulis relativement vite, ils sautent de blocs en blocs ce qui me conforte dans l'idée que nous aurions pu tenter l'ascension.

Ils déboulent tout droit vers le ravin et je tente de leur faire signe qu'ils auront du mal à nous rejoindre s'ils continuent dans cette direction. Ils ne semblent pas m'entendre et finissent par arriver à l'aplomb de la chute d'eau que nous n'avons pas pu franchir. Ils bifurquent sur leur gauche en direction du bois d'épicéas. Au passage que je jugeais le plus difficile pour rejoindre les éboulis, ils s'agrippent aux rochers et aux branches, tels des araignées, ils longent le bord du torrent et finissent par passer, avec une dérisoire facilité, les obstacles qui les sépare de nous. Ils traversent le torrent et nous rejoignent sur le piton rocheux. Immédiatement, ils se présentent et s'inquiètent de notre sort :

-Je m'appelle Daniel et mon collègue se prénomme Nicolas. Nous sommes du peloton de Gendarmerie de Haute-Montagne d'Osséjà. Vous allez bien ?

-Ca va bien ! Mais nous languissions votre arrivée ! Je m'appelle Gilbert et mon épouse, c'est Dany.

-Monsieur, vous êtes sûr que ça va? On nous a dit que vous étiez fatigué ?

-Non, je vais très bien, c'était simplement un coup de fatigue, car je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit. Mais c'est passé maintenant.

-Nous vous cherchons depuis quatre heures ce matin. Nous avons envoyé quatre équipes de deux sauveteurs tout autour du massif. Nous étions sur les crêtes, mais de là-haut, on ne voyait pas le fond du ravin à cause de la brume. C'est là que mon collègue Nicolas m'a dit : " Si nous allions voir en bas ?" Nous sommes descendus tout droit dans les éboulis et c'est comme ça que l'on vous a aperçu.

-Nicolas, vous avez eu une idée lumineuse ! Vous en avez souvent des intuitions comme ça ?lui dis-je.

Les deux jeunes gendarmes se mettent à rire puis Daniel avec un gros talkie-walkie informe son PC qu'ils nous ont retrouvés.

-Vous devez être gelés ? En tous cas, nous le sommes avec cette pluie qui n'a pratiquement pas cessé de toute la matinée. Nous allons prendre un café ?

-Oui, ce n'est pas de refus ?

-Comment vous êtes arrivés là ?

Sur la piste aux étoiles

Il sorte un thermos et tout en buvant un café, nous nous mettons à raconter notre histoire : notre départ de Nyer, notre arrêt à Mantet, notre belle randonnée jusqu'aux plaques de neige rencontrées au sommet des Très Estelles, la glissade sur le névé, la descente dans le torrent, l'impossibilité de rejoindre le chemin, le stress, le ravin et l'impossibilité d'aller plus loin, nos jambes tétanisées et le coup de fatigue de Dany.

Grâce à Jérôme qui a retrouvé des plans sur mon bureau et l'itinéraire sur mon ordinateur, ils semblent être vaguement au courant de notre parcours. Les autres sauveteurs ont aperçu notre voiture. Ils savent que nous avons dormi au Bouf'tic. Ils ont vu nos traces dans la neige au sommet du pic, puis les ont perdues.

Ils demandent si nous sommes des randonneurs aguerris et si nous marchons souvent. Nous répondons par l'affirmative mais compte tenu des déboires qui nous arrivent, je ne sais pas si nous arrivons à les convaincre.

De notre côté, nous cherchons à comprendre pourquoi ils ont mis aussi longtemps à arriver alors que nos explications étaient claires et précises ? Pourquoi l'hélicoptère nous cherchait vers la droite puis vers la gauche d'Escaro puis au sommet du Pic des Très Estelles ?

Nous n'obtenons pas réellement de réponses précises de la part des deux gendarmes. La seule explication, c'est qu'une géolocalisation par le système de " triangulation " a été demandée à l'opérateur de téléphonie Orange pour localiser nos appels téléphoniques et que le résultat nous a situé sur l'autre versant du pic au dessus de Py. Par contre, ils ne font pas de commentaires sur le fait que nous avions parfaitement donné notre position et qu'ils n'ont pas été capables de nous repérer plus vite. Ils supposent simplement que les intervenants ont été si nombreux (pompiers, Crs, Sécurité Civile, gendarmes) qu'il y a eu déperdition d'informations au moment de la passation des messages d'un service à un autre. C'est regrettable pour nous mais l'important pour eux c'est qu'ils nous aient enfin trouvé.

Ils nous donnent des nouvelles des enfants qui depuis la nuit dernière ont été prévenus de notre disparition et qui sont avec le Pc de recherche depuis ce matin. Ils sont au village d'Escaro avec le commandement et ont été rassurés de notre parfait état de santé.

Cette information nous apporte un profond soulagement mais pendant ces dernières heures nous avons tellement pensé à eux qu'inévitablement la question essentielle fuse de la bouche de Dany avant même que je n'ai pu la prononcer moi-même : " Il vient dans combien de temps, l'hélico ? ".

  

Type de cataracte descendue (*)

- Toboggan dans les étoiles !

Et là, je revois la tête de Dany et le silence qui s'en suit quand à la réponse obtenue :

-Mais il ne viendra pas Madame ! , réponds Daniel.

-Ah bon ! Et pourquoi ne vient-il pas ? dit Dany, complètement abasourdie.

-Le ravin est trop encaissé et il y a trop d'obstacles, c'est trop risqué. En plus avec ce temps, il ne peut pas décoller car il lui faut au moins un plafond de 1.500 mètres de haut. Ce n'est pas le cas, il ne viendra pas !

(Silence).

-Et comment va-t-on faire pour sortir de là ?

-Par la rivière !

-Comment par la rivière ? Mais on ne peut pas, c'est justement là que nous sommes restés coincés !

-Ne vous inquiétez pas Madame, on va vous aider et on a le matériel pour descendre.

-Mais je ne pourrai jamais !

-Mais si, mais si, vous y arriverez, vous verrez !

-Mais on va se mouiller ?

-Ah ça oui, on va se mouiller, mais au point où en est, vous depuis hier et nous depuis ce matin, ce n'est pas le plus grave !

-Mais je crains le vide et je vais avoir le vertige !

-De tout manière, nous n'avons pas le choix, si nous voulons être sortis de là avant ce soir. C'est le chemin le plus court ! Allez, il faut y aller maintenant ! Rassemblez vos affaires ! Nous allons faire un échange de sacs à dos, car les vôtres ont l'air beaucoup plus lourds que les nôtres ? Combien pèsent-ils ?

-Un peu plus de dix kilos ?

Ils sortent le matériel de leur sac qui est composé de cordes, de baudriers et de mousquetons et nous échangeons nos sacs respectifs. Effectivement leurs sacs à dos sont tout petits et vidés de leur matériel d'une étonnante légèreté.

Le dialogue qui s'est installé avec les deux gendarmes, nous a permis de découvrir deux très gentils garçons, très affables, très chaleureux et non dénués d'un sens de l'humour. En quelques minutes, grâce à leur simplicité, ils ont su nous redonner confiance.

-Bon, avant de démarrer, nous allons mettre les baudriers ! dit Daniel.

Nous enfilons nos vestes en gore-tex, puis ils nous aident à harnacher les baudriers et les sacs à dos et nous redescendons en file indienne vers le torrent.

 

Voilà, comme nous descendions!(*)

Sans aucune hésitation, ils marchent au milieu de la rivière et se dirigent vers le bord de la cascade. Nous les suivons mais restons en retrait pour écouter très attentivement leurs recommandations. Je m'inquiète pour Dany car elle n'a pas l'air très rassurée à l'idée de descendre. De mon côté, depuis que je sais que je vais enfin bouger pour sortir de là, je me sens pousser des ailes et je suis plein d'énergie.

-Nicolas va descendre en premier, je descendrai en deuxième, Dany en troisième dit Daniel. Je fermerai la marche !

Nicolas s'arque boute au bord de la cataracte qui doit être de six à sept mètres de haut, pendant que Daniel l'assure à l'autre bout de la corde, Dany est moi, on se penche pour regarder comment il s'y prend et comment il arrive en bas dans le bassin.

A priori ça a l'air facile ! Daniel remonte la corde et me l'attache aux mousquetons du baudrier. A mon tour, je me laisse glisser le long de la corde, puis les jambes posées contre la paroi, je continue la descente très lentement. Je n'ai pas encore fait deux mètres que je sens l'eau glacée de la cascade me tomber sur la tête et les épaules comme si l on me jetait des seaux. Mes pieds dérapent sur la paroi moussue et gluante et je tourne maintenant le dos à la cascade suspendue à la corde. Je me débat et arrive à me retourner tout en cognant violemment les rochers avec les jambes. Je continue à descendre et deux mètres avant la surface, Daniel me laisse tomber dans un immense éclaboussement. Je suis entraîné vers le fond, mais aussitôt, je sens la main de Nicolas qui m'agrippe et qui me tire vers la berge.

Pour une première descente, ce n'est pas vraiment une réussite mais je pense avoir assimilé les principales erreurs qu'il ne faut pas faire. Dany descend beaucoup plus facilement que moi, mais atterrit avec le même fracas. Elle a bu la tasse mais à priori tout va bien.

Pendant que nous attendons Daniel, qui lui descend sans aucune aide et récupère les drisses, Nicolas est déjà parti en avant pour mieux appréhender la cascade suivante. Je demande à Dany si elle n'a pas trop froid car personnellement j'ai une véritable sensation de chaleur dans tout le corps. Est-ce la différence de température entre l'eau et l'air ? Est-ce le fait de bouger ? Est-ce à cause de la " bonne " couche de vêtements que j'ai sur le dos ? Pourtant, il s'agit d'une eau qui provient directement de la fonte des neiges. Dany me répond que ça va mais je ne suis pas convaincu tant elle parait blafarde au fil du temps qui passe.

Nous continuons à descendre dans une bonne humeur communicative qui s'est installée entre nous. Les nombreuses glissades sur les galets qui succèdent aux chutes dans les petites poches d'eau ont pour effet de transformer cette descente en une espèce de toboggan grandeur nature. Heureusement, quand nous tombons c'est toujours sans gravité, même si parfois nous avons conscience que le danger est bien présent. Nicolas et Daniel sont de vrais professionnels, et nous restons en permanence très attentifs à toutes les consignes qu'ils promulguent. Il n'est pas question de ne pas les écouter car si certains passages paraissent faciles, d'autres sont très périlleux. Certaines cascades atteignent plus de dix mètres de hauteur. D'autres se terminent par des vasques très profondes où le courant tourbillonne.

En raison de toutes ces difficultés qui entravent notre descente, nous avons seulement parcouru, deux à trois cent mètres en un peu de moins de deux heures.

Dany est maintenant livide et se plaint du froid. Les gendarmes qui grelottent eux aussi, ne sont pas mieux lotis. Je semble être celui qui supporte le mieux le froid. Cette résistance est-elle due à l'habitude que j'ai prise de passer d'interminables heures dans l'eau glacée des calanques à traquer le poisson en chasse sous-marine ? Toujours est-il que l'eau glaciale du ravin de l'Orry n'arrive pas à perturber ma vitalité ! Je ne pense toujours qu'à une seule chose : sortir au plus vite de ce maudit torrent qui n'en finit plus de mettre des obstacles sur notre route !

Dany est maintenant blême et je m'aperçois qui si nous ne stoppons pas, elle va " tomber dans les pommes ". Comme à son habitude, Nicolas est parti devant et je profite d'une petite grève de sable pour faire asseoir Dany en attendant Daniel. Elle n'est vraiment pas bien et je suis maintenant convaincu qu'elle aura beaucoup de mal à franchir les prochaines difficultés qui nous attendent. Je prends son sac à dos, puis je cours prévenir Daniel de son état de grande lassitude due certainement à un début d'hypothermie. Il fait aussitôt le même constat que moi et sort de son sac, un tube de vitamines dont il tend un comprimé à Dany.

De son côté, Nicolas que nous avions perdu de vue dans un boucle du ravin, reviens la mine déconfite et dit : " Nous ne sommes pas au bout de nos peines car après le virage, les cascades sont encore bien plus hautes, bien plus étroites et bien plus difficiles ! Et Escaro est encore très loin ! ".

- Envol vers les étoiles !

Daniel n'attends pas la fin et se met à grimper à travers un bois en direction d'un étroit éboulis cerné de grands conifères! Je l'aperçois qu'il sort son talkie-walkie, se met à parler puis il demande à Nicolas de le rejoindre. Je les vois s'entretenir puis Nicolas prend l'écouteur et continue de grimper vers un petit piton rocheux. Daniel me fait signe de monter. Je soutiens Dany pour gravir les éboulis et Daniel revient m'aider et me dit :

- J'ai appelé mon chef, il semble qu'il y ait une éclaircie et je lui ai demandé qu'il envoie l'hélicoptère. J'attends la réponse, mais dans l'immédiat, il faut un peu escalader les éboulis pour qu'il puisse le cas échéant nous remarquer. Cette trouée me semble suffisamment large pour que l'hélico puisse nous hélitreuiller.

- Dans combien temps, va-t-il venir car ma femme est très fatiguée ?

- Je ne sais pas, mais nous devrions être rapidement fixés. L'hélico met environ vingt à trente minutes pour venir de Perpignan. Continuez à monter et faites très attention que les pierres ne roulent pas sur vos pieds !

Pour progresser, j'assiste Dany, mais elle semble déjà avoir repris des forces. Est-ce la vitamine ou bien la perspective de voir enfin apparaître cet hélicoptère tant espéré ? Toujours est-il qu'elle parvient à grimper en solo ce magma rocheux dont chaque enjambée est presque un numéro d'équilibriste. Tous les rochers ou presque présentent un équilibre très instable et il est nécessaire à chaque pas de vérifier si une pierre ne va pas dégringoler sur nos jambes ou celles du voisin.

Après avoir parcouru une cinquantaine de mètres, Daniel nous fait signe de stopper et dit :

-Asseyez-vous ici en attendant. Je pense que nous sommes suffisamment loin des arbres !

Nicolas qui nous a rejoint, nous annonce la bonne nouvelle :

-Le plafond est supérieur à 1500 mètres. L'hélico a pu décoller de Perpignan ! Il arrive, il reste plus qu'à attendre et à espérer que le ciel reste aussi dégagé ici.

-En attendant, si nous prenions un grog, ça nous réchauffera un peu! dit Daniel.

Il sort un thermos et chacun boit à son tour. Nicolas est déjà reparti rejoindre le promontoire qui fait, certainement, office de relais pour capter les signaux du talkie-walkie.

Tout à coup, le ravin passe du silence le plus absolu au vacarme le plus tonitruant. L'hélico est là, juste sur notre droite au dessus d'une aiguille rocheuse.

C'est drôle, mais je m'aperçois que cette demi-heure est passée très vite ! C'est fou, comme le temps peut-être une unité très capricieuse. Il passe vite quant on attend quelque chose avec certitude et lentement quand on attend cette même chose dans l'incertitude et l'anxiété.

 

Dans l'espoir de voir l'hélicoptère arriver, Dany est décidée à aller jusqu'au sommet

Daniel nous fait lever et prescrit les derniers conseils :

-Qui veut y aller le premier ?

-Dany, lui dis-je sans attendre sa réponse.

-Oui, je pense que c'est mieux ! Surtout, Dany n'ayez pas peur, tout va bien se passer ! Ils vont faire descendre un filin au bout duquel il y a un baudrier. Vous resterez debout à côté de moi et vous me laisserez faire. Je passerai le baudrier sous vos aisselles et quand vous sentirez l'hélico vous hisser, gardez bien les bras le long de votre corps. C'est bien compris ?

-Oui, j'ai bien compris, mais j'ai peur !

-Vous n'avez aucune raison, c'est impressionnant mais sans risque !

Et en plaisantant il rajoute : " Et en plus, vous n'êtes jamais contente, après le canyoning, vous avez droit à un tour d'hélico gratis ! ".

-Je m'en serai bien passer ! dit Dany, qui a repris quelques couleurs.

-Ensuite, pendant la remontée, surtout vous ne bougez plus jusqu'à l'hélico. Là haut, quelqu'un va vous récupérer !

Pendant ce temps, l'hélico s'est rapproché de nous et commence à descendre dans un bruit assourdissant. Les immenses épicéas et les quelques feuillus se mettent osciller dans un immense tourbillon d'aiguilles et de feuilles qui s'envolent en tous sens.

Je m'écarte un peu de Daniel et Dany et vais m'asseoir un peu plus haut dans les éboulis car le câble commence à descendre en tourbillonnant dangereusement au dessus de leurs têtes.

Je reste admiratif devant la précision du pilote. L'hélicoptère est pratiquement immobile et les pales tournent à quelques mètres voire quelques centimètres de la cime des grands épicéas. Malgré le violent souffle qu'engendre les pales, Daniel finit pas se saisir du filin et le passe très rapidement sous les bras de Dany. Un petit signe en direction de l'hélico et voilà Dany qui s'élève rapidement dans le ciel. A l'arrivée, j'aperçois quelqu'un qui l'agrippe et qu'il l'assoie au bord de l'habitacle.

 

L'hélicoptère est là, nous sommes sauvés ! (**)

Soudain l'hélico remet les gaz, remonte et amorce un large virage. Je vois Dany, toujours assise au bord de l'hélico, qui s'envole au dessus des arbres puis elle disparaît dans le goulet du ravin.

Est-ce un trop plein d'émotions, mais de voir Dany tirée d'affaire, je me mets à pleurer.

Daniel qui est resté près de moi me dit :

- Après ce que vous avez enduré, ce n'est pas le moment de craquer !

-Oui, je sais, mais je pleure de joie !

-Oui, je m'en doute, mais le plus difficile est passé !

-C'est vrai, vous avez raison.

-Laissez les sacs à dos et préparez-vous car, bientôt ça va être votre tour !

Je me ressaisis aussitôt et retourne me placer près de Daniel.

Effectivement, moins de dix minutes plus tard, l'hélico revient se positionner au dessus de nous.

Daniel répète les consignes pour l'hélitreuillage déjà formulées à Dany.

L'élingue commence à descendre et Daniel la saisit, cette fois, sans aucune difficulté.

J'enfile le baudrier, passe les sangles sous les aisselles et serre bien les bras contre mon corps. Je suis soulevé du sol et reste un bref instant suspendu au dessus de Daniel. Soudain je m'élève en même temps que l'hélico, je tourne, je tourne, dix, vingt, trente mètres au dessus du ravin. Je suis près de la carlingue et malgré un courant d'air violent qui souffle en sens inverse, je me sens tiré automatiquement vers la porte. Deux mains m'accrochent fermement et m'entraîne dans le cockpit. Tout comme dans un " grand huit ", je suis tiré en arrière par la soudaine accélération de l'hélicoptère, puis je repars en avant comme aspiré par l'espace. Je suis assis au bord du vide mais heureusement une main sans visage continue de tenir avec poigne les sangles du baudrier. Mes yeux emplis de curiosité essaient en vain de regarder de tous côtés : l'intérieur de l'hélico, le pilote, le visage de cette main salvatrice qui est dans mon dos, les arbres, le ravin, les crêtes rocheuses…Je regarde tout mais je ne vois rien. Ca va beaucoup trop vite, quelques secondes suffisent et j'aperçois déjà les près puis les toitures et les jardins des maisons d'Escaro.

En montant au Très Estelles, ce cheval affamé vient chercher pitance

  - Fin du cauchemar pour trois étoiles.

L'hélicoptère descend déjà, j'aperçois de nombreuses voitures, et une foule de personnes qui regardent vers moi. Les enfants sont là, à l'écart, à côté de Dany, à l'extrémité d'un champ près d'une route.

On se pose et je ne vois plus rien. Mes yeux sont à nouveau remplis de larmes de joie. J'essaie de m'extraire de l'hélicoptère mais une voix dans mon dos me dit :

-Attendez, que l'hélicoptère s'immobilise et que je vous enlève le harnais !

Puis la voix rajoute :

-C'est bon, allez-y mais baissez bien la tête et restez courbé sur une dizaine de mètres !

Je cours en sanglotant vers les enfants qui se précipitent sur moi. Je ne vois plus rien mais je sens des bras qui m'entourent et une énorme étreinte qui m'enlace. Pendant ces longues heures d'attente et d'angoisse, j'ai tant rêvé de cet instant, je me sens bien dans ces bras qui m'étreignent, mais j'ai honte et je me mets à pleurer tout en criant :

-Je vous demande pardon ! Je vous demande pardon ! Pardon ! Pardon !

-Pardon de quoi ! Réponds Jérôme.

-De vous avoir inquiétés, j'ai honte de vous avoir inquiétés ! J'ai honte de ce que j'ai fait !

Moi, qui ait pour principe de vie, de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour aider mes enfants, voilà que maintenant les rôles sont inversés et je ne l'admets pas. Je me sens puéril et nigaud.

Je reprends mes esprits dans les bras de Jérôme et j'entends dans leur dos, une petite voix qui implore en pleurant :

-Et moi, tu ne me serres pas dans tes bras !

-Mais si, mais si, bien sur, ma chérie !

Et je me remets à pleurer de " plus belle " dans les bras de Carole et de Dany.

Quand j'y repense aujourd'hui, malgré ce cauchemar que j'ai vécu, ces retrouvailles et ces longues étreintes dans les bras de mes proches resteront à jamais gravés dans mon coeur parmi les moments inoubliables de ma vie.

Oui cette randonnée dans le massif des Très Estelles s'était terminé en cauchemar…mais pour moi, à l'arrivée, il y avait trois autres étoiles qui brillaient et qui se prénommaient : Jérôme, Carole et Dany !!!

C'était la fin d'une randonnée et d'un cauchemar pour trois étoiles ! Mais ce n'était pas celles que j'avais augurées au départ !

- Que les bonnes étoiles veillent sur eux !

A Escaro, Dany et moi avons remercié le commandant qui a mis en place et coordonné le dispositif de recherche. Mais nous aurions aimé remercier tous les sauveteurs sans exception, le pilote de l'hélico, son assistant qui tenait le " fil " auquel notre vie était suspendue, les autres équipes qui étaient partis à notre recherche, les CRS, les pompiers enfin tous ceux qui avaient participés activement à nous venir en aide.

Bien sur, nous n'oublierons jamais Daniel et Nicolas qui eurent cette lumineuse idée de descendre dans le ravin de l'Orry.

L'hélicoptère était déjà reparti les chercher. De notre côté, nous étions si heureux de retrouver les nôtres que sur le moment, nous les avons négligés.

Qu'ils nous pardonnent et qu'ils sachent que nous nous sentirons toujours redevables des risques qu'ils ont pris pour nous venir en aide.

Je profite de ce récit pour leur adresser nos remerciements pour leur dévouement, leur gentillesse, leur générosité, leur patience, leur professionnalisme et leur sens de l'humour. Avec leurs formidables qualités, ils ont su nous redonner l'énergie et la confiance que nous avions perdues.

Que les bonnes étoiles veillent sur eux !

-Quelques explications

-Les photos avec le signe astérisque (*) ne sont pas de moi. Je remercie leurs créateurs de les avoir mises sur Internet et de me permettre de les utiliser gracieusement.

-Les photos suivies de deux étoiles (**) sont des montages réalisés à partir de photos personnelles.

-Les photos suivies d'un (S) ont été prises en septembre 2004 lors d'une autre randonnée (Pla Segala, Roc Colom et Porteille) autour de Mantet.

-La plupart des photos qui enjolivent ce récit ont été prises, pratiquement jour pour jour, une année après les faits sur les endroits mêmes de cette histoire.

Il y avait beaucoup moins de neige, mais les lieux sont les mêmes que ceux cités dans cette rocambolesque odyssée.

-Alors que notre appareil avait pris l'eau dans le Ravin de l'Orry, Dany avait détruit la pellicule. Nous sommes donc retournés aux Très Estelles le 7 mai 2005 pour prendre de nouveaux clichés. 

-Le mardi 4 mai 2004, nous faisions le gros titre des faits divers de l'Indépendant de Perpignan. Le résumé est fidèle hors mis nos ages respectifs. Mais avec les têtes que nous avions à la descente de l'hélicoptère, le journaliste était parfaitement excusable, nous avions pris dix ans !

-Fin mai 2006, nous avons enfin définitivement " tué les vieux démons" en réalisant sur deux jours la boucle complète avec notre fils Jérôme. Cette magnifique randonnée, réalisée par grand beau temps, restera pour nous trois, inoubliable.

 

 

Mantet, au retour de notre randonnée un an plus tard

Choisissez une étoile, ne la quittez pas des yeux. Elle vous fera avancer loin, sans fatigue et sans peine. (Alexandra David-Neel, exploratrice et écrivain français 1868-1969).

 

 

Cliquez dans la photo pour visionner le parcours et le compte rendu de notre égarement par l'Indépendant.

Sinon cliquez sur la photo ci-dessous pour retourner à la page d'acceuil.

Photo à 180° prise du sommet des Très Estelles, on aperçoit parfaitement les deux autres mamelons composant le massif