3eme étape : La Cassière-Le Puy Baladou

La beauté : Ce qui embellit le désert, c’est qu’il cache un puits quelque part. (Saint-Exupéry-Le petit prince)

Mercredi 31 juillet 2002

Dès le réveil, je me dirige vers la fenêtre pour regarder le ciel. Il ne fait vraiment pas beau, cette persistante pluie fine continue de tomber et ce n’est pas très réjouissant avec la longue étape qui s’annonce. Mais nous n’avons pas le choix et devons avancer car demain soir, il faut être de retour à La Bourboule. Cette nuit passée dans un bon lit nous a requinqué. Après une vivifiante douche et un abondant petit déjeuner, nous voilà d’attaque pour repartir. Nous réglons l’addition et sortons de l’hôtel sous un crachin que ne mouille pratiquement pas.

Nous reprenons le chemin fait la veille et traversons l’intersection sur la N.89. J’ai eu peu d’appréhension car nous quittons ici le GR.30, pour suivre un long PR (circuit de promenade régional) qui doit nous mener sur le GR.4. Le topo-guide ne nous sert plus à rien et je n’ai qu’un plan grossier de ce nouvel itinéraire. Heureusement, depuis notre départ, les balisages qui jalonnent les chemins sont parfaitement indiqués. Je compte beaucoup sur cette signalisation pour nous diriger.

 

Après La Cassière, des chemins fleuris et le très boisé Puy de Charmont

Il fait frais et continue de pleuvoir, mais heureusement l’essentiel de notre marche s’effectue en sous-bois.

La chance nous sourit car à la sortie de cette longue forêt, tout à coup, le temps s’éclaircit. Un bon soleil fait son apparition et nous sommes obligés d’arrêter pour ôter les polaires et les ponchos dont nous sommes affublés.

Le P.R. franchit la D.21, continue en face, évite quelques villages puis slalome dans la continuité de la chaîne des puys traversée la veille. A hauteur du très boisé Puy de Charmont, nous retrouvons avec soulagement le sentier qui est commun au GR.4 et au GR.441.

Un bon chemin sableux ou fait de scories rouges trace sa route en montant à milieu de petits puys (Puy de Boursoux, de Combegrasse et de la Rodde). Vers midi, nous arrivons à la Garandie où le GR évite par la droite le village et descend par un large chemin qui coupe le D.5.

A cette bifurcation, nous stoppons pour la pause déjeuner. Nous finissons le pain et le reste de la charcuterie achetée la veille, et améliorons le repas de quelques fruits secs en guise de dessert. Les provisions s’amenuisent et il est temps de se ravitailler. 

Pause déjeuner au village de La Garandie

Paysages traversés près du village de La Garandie

Après ce frugal déjeuner, le chemin très vallonné poursuit sa route au milieu de paysages à vocation agricole. Dès notre arrivée à Saulzet-le-Froid, nous faisons quelques emplettes à l’épicerie et à la boulangerie de ce reposant village. Dany profite d’un marchand ambulant pour acheter quelques fruits et un melon bien mûr que nous engloutissons avant de ressortir du village. 

En direction du village de Saulzet-le-Froid

Dany se ravitaille à un marchand ambulant à Saulzet

Le sentier grimpe maintenant vers Pessade. Le temps se gâte et de gros nuages noirs passent au dessus de nous et se dirigent vers le Puy de Dôme que l’on aperçoit au loin. Nous nous abritons rapidement dans un champ derrière une haute haie constituée de grands peupliers. Un vent violent s’est levé et nous attendons d’un moment à l’autre que l’orage s’abatte sur nous. Nous envisageons même d’installer notre campement ici mais nous sommes vite découragés par l’arrivée intempestive d’une femme et de trois enfants, qui accompagné d’un âne, se jettent littéralement et sans gêne sur nous pour s’abriter du mauvais temps.

Heureusement, cette bourrasque se calme aussi vite qu’elle est venue et c’est avec soulagement que nous reprenons notre marche. Quelques minutes plus tard, nous atteignons Pessade, village constituant le croisement de plusieurs GR. Dany semble très fatiguée et envisage même de dormir dans un refuge.

Elle en est vite dissuadée en apprenant qu’une trentaine de randonneurs sont attendus ce soir et que les chambres sont communes.

Départ de Saulzet-le-Froid après le ravitaillement et direction Pessade

Il est seulement 16h30, nous nous reposons un peu et reprenons des forces en mangeant quelques fruits achetés à Saulzet-le-Froid.

Près d’un refuge à Pessade

Dany prend un peu de repos au village de Pessade

Nous quittons le GR.441 et poursuivons notre route au milieu d’estives par le GR.4 dont le dénivelé s'intensifie. Après six ou sept heures de marche, il est temps de nous poser, mais l’inclinaison est telle qu’aucun terrain n’est propice à une installation. Vers 18h, nous touchons au but à proximité du sommet du Puy Baladou.

A quelques mètres du sentier, mais à l’abri des regards, au beau milieu des résineux, nous trouvons un emplacement dans un pré bien plat très approprié à un campement. Une herbe drue et bien haute fera office de parfait matelas. D’ailleurs, en regardant de plus près, nous constatons qu’un bivouac a déjà été dressé ici, il y a très longtemps. Il y a quelques pierres élevées autour d’un vieux feu de camp où subsistent encore quelques boites de conserves complètement rouillées.

 

Après Pessade, pour Dany très fatiguée, la montée est exténuante

Très rapidement, nous dressons la tente car de gros cumulo-nimbus filent au dessous de nos têtes. Exténuée, Dany ne pense plus qu’à dormir. Aussi, s’affère-t-elle déjà près du réchaud pour préparer le souper. Après cet expéditif repas, elle rejoint notre tube de toile et blottie dans son duvet, très rapidement elle s’endort. Je profite des dernières lueurs du jour pour lire et prendre quelques photos des alentours. Le vent a cessé. Au dessus de nos têtes, un épervier volette "sur place" épiant certainement un petit animal en guise de dernier souper avant la nuit. Au loin, le Puy de Dôme émerge au milieu des nuages noirs qui s’amoncellent.

 

Campement dans un pré au Puy Baladou

Au Puy Baladou, pour Dany, le bonheur est dans le pré

Quelques gouttes de pluie qui commencent à tomber, m’obligent à dissimuler nos sacs sous les branches d’un grand épicéa. Il pleut de plus en plus et j’intègre la tente. En provenance du sentier tout proche, j’entends les pas et les voix de quelques randonneurs retardataires qui poursuivent leur chemin. C’est à nouveau avec le son entêtant de gouttelettes qui crépitent sur la toile que prématurément je m’endors à mon tour.

   

Vues autour du campement à Puy Baladou

On aperçoit au loin le Puy de Dôme
  

La nuit tombe, l’orage menace au Puy Baladou

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