Vendredi 17 août 2007 5eme jour.

 Refuge de Callau (1.540 m) - Llugols (730 m) 21 kms.

J'ai lu tous les livres, mais un seul demeure : le monde, ce volume merveilleux, ouvert toujours devant mes yeux. Kathleen Raine (poétesse anglaise 1908-2003)

Vendredi 17 Août 2007. Je ne sais pas l'heure qu'il est, mais il est très tôt car le jour n'est pas encore levé et mes camarades du groupe " Natura " mettent le dortoir en ébullition. Je les entends se lever, puis ils descendent à tour de rôle se doucher, ils bavardent entre eux, s'habillent et rangent leurs affaires. Mes yeux éprouvent un mal fou à rester ouverts, mais le tapage est tel que je me fais une raison : " la grasse matinée ce n'est pas pour aujourd'hui ! " En plus, j'ai très mal et très peu dormi car ma nuit a été troublée par les ronflements continuels et " monstrueux " de mes acolytes. Il y a très longtemps que je n'avais pas entendu des bruitages buccaux aussi puissants et disparates. Heureusement, ma sieste de l'après-midi avait été profitable et je n'avais plus vraiment sommeil car en général la difficulté à m'endormir me rend plutôt exécrable. En manque de boules " Quiés ", j'avais fini par prendre les " choses " du bon côté et l'aspect comique de la situation avait pris le pas sur ma contrariété et mon énervement. Trop près du poêle certainement, j'avais eu trop chaud dans mon sac de couchage et la qualité de mon sommeil en avait également pâti. Je peste d'ailleurs à cause de ce sac que l'on m'a conseillé de prendre et que je vais trimballer encore deux jours pour rien alors que les couchages du refuge sont parfaitement agencés avec des draps et des couvertures.

 

 Je quitte le refuge de Caillau

Mes compagnons de chambrée se mettent en route. Par la fenêtre, je leur souhaite une bonne journée qui malheureusement ne démarre pas sous les meilleurs hospices mais sous une pluie dense et soutenue. Ils partent tôt car ils doivent rejoindre Fillols, distant, je pense, d'une bonne trentaine de kilomètres. Les hollandais, eux, semblent dormir car leur dortoir est parfaitement silencieux. Je profite de cette accalmie retrouvée pour descendre déjeuner dans l'agréable salle à manger où une énorme bûche brûle dans la cheminée. Nous sommes deux à profiter de ce paisible et chaud potron-minet : un éleveur et moi. Habitué de longue date des lieux, mon interlocuteur me parle du pays, du village de Mosset dont dépend le refuge, du Massif du Madres qu'il semble connaître comme sa poche, du refuge qu'il a connu à l'époque de l'exploitation du talc. Je lui pose des questions sur ce lieu, sur le talc, sur la carrière dont il dit qu'elle est quasiment invisible car la végétation aurait repris ses droits. Il se lève, prend sur une étagère un fragment de minerai gris-blanc qu'il se met à gratter avec la pointe d'un couteau. Une poudre blanchâtre tombe sur la table : un talc doux et onctueux au toucher. A cet instant, une seule évocation me vient à l'esprit : celles de mes enfants quant ils étaient bébés et de leurs petites fesses roses qu'on saupoudrait de talc pour ôter leurs irritations !

Je salue cet ami d'un instant, de surcroît " provençal " comme moi, paye ma note à Armelle, pars sous la douche et remonte préparer mon paquetage. Il est 8h30, confiné sous mon poncho, je quitte le refuge dans un brouillard humide et frais. La vraie pluie a cessé mais le ciel est toujours aussi gris et bas. Je laisse sur ma gauche la piste par laquelle je suis arrivé hier et en monte une autre qui domine la Jasse de Callau. Je la connais bien pour l'avoir emprunté plusieurs fois car elle mène au sommet du Madres par la Cabane de La Balmette.

 

 La Jasse de Caillau, le matin du 5eme jour et la piste vers Canrec

Il n'y a pas dix minutes que j'ai démarré qu'un isard décampe devant moi sur le chemin. Coïncidence, il traverse le chemin et emprunte une sente à un endroit où un raccourci est signalé par un gros cairn. Il s'arrête dans le bois et semble m'observer pour voir quelle attitude j'adopte. Je quitte moi aussi la piste et m'enfonce par ce raccourci dans la forêt pour tenter de le suivre. Il déguerpit définitivement et je ne le revois plus ! Mais ce raccourci, en est-il vraiment un ? Voilà maintenant plus de vingt minutes que j'erre dans la forêt sans pour autant avoir recoupé la piste. Je consulte mon GPS qui évidemment me positionne hors tracé et entre deux positions puisque j'ai quitté l'itinéraire prévu. Trente minutes après l'avoir quitté et après maints zigzags au milieu d'un troupeau de vaches, je retrouve la piste. Seul inconvénient mais il est de taille, puisque j'ai pris cet itinéraire essentiellement pour ça : j'ai loupé la carrière de talc ! Deux solutions s'offrent à moi : soit je fais demi-tour sur la piste et j'allonge d'un kilomètre ou deux, cette étape déjà longue de 21 kilomètres, soit je garde la carrière de talc pour une future sortie ! Une fois de plus et en raison du mauvais temps, j'opte pour cette deuxième solution et je remets à plus tard cette découverte de l'ancienne carrière de Callau.

 

Le chemin dans la belle forêt de Canrec

La piste vers Canrec s'élève quelques instants puis elle s'aplanie en se faufilant dans une longue et adorable haie de petits sapins. Une fois de plus, j'ai beaucoup de chance car il ne pleut toujours pas. En sus, une petite tramontane se lève et commence à déloger les gros nuages noirs installés sur le Madres. De petits coins de ciel bleu apparaissent me laissant augurer une belle journée. Sur ma droite, l'épaisse forêt de la Rouquette, sur ma gauche et derrière moi, j'entrevois, à travers le brouillard, des près ou bien des collines que je n'arrive pas à identifier. Peut-être la Jasse de Callau ou bien le Col de Jau. Puis, inondant le chemin, je coupe le ruisseau Canrec qui descend farouchement dans un ravin en direction de la piste forestière empruntée hier. Mon GPS m'indique une altitude de 1.720 mètres, mais toujours au milieu des sapins et de quelques bouleaux blancs, la piste amorce une descente en pente douce. Soulevées par le vent, les brumes qui montent maintenant de la vallée de la Castellane ressemblent aux fumerolles d'un immense incendie. Peu avant de retrouver le Col de Tour, comme des ombres fantomatiques sortant des ténèbres, deux " téméraires " vététistes sortent de ce voile opalin. Il est 10h15, je rallie le col de Tour.

 

 La tramontane commence à déloger les gros nuages installés sur le Madres

J'en traverse l'esplanade et me dirige vers une croix de fer. Là à proximité de cette croix, je m'assieds sur un banc et à une petite table toute disloquée formée de rondins de bois. Je dévore les restes du pique-nique d'hier accompagné de tranches de pain de mie et d'une boite de pâté que j'avais cru bon d'emporter depuis mon départ. Après deux jours et demi de marche, il me reste tant de choses à manger, que j'ai décidé, ce matin au refuge de Callau, de faire l'économie d'un nouveau panier repas. J'ai pris la sage décision de m'alléger en finissant les restes. Après une pause de vingt minutes, je récupère la piste qui entre dans le Domaine privé de Cobazet. Sur quelques centaines de mètres, l'agréable chemin file sur une large corniche où je domine distinctement la vallée de la Castellane. Malgré les nuages encore très présents, j'arrive à distinguer la D.14, le Col de Jau, les versants du Dourmidou et quelques sentiers que j'ai eu l'occasion de pratiquer à pieds ou en raquettes. Derrière moi, quand le ciel bleu se manifeste, je distingue les verdoyants contreforts boisés du Massif des Madres où j'ai cheminé ce matin.

 

 Au col de Tour, je traverse l'esplanade et me dirige vers une croix en fer. Là à proximité de cette croix, je m'assieds sur un banc et à une petite table toute disloquée formée de rondins de bois.

Devant moi, sous un ciel encore très plombé, j'aperçois les collines qui dominent Mosset. Malgré ce temps " horrible ", la vision panoramique est impressionnante car par-dessus le arbres, j'arrive à discerner les Albères distantes de plus de cinquante kilomètres ! Après cette corniche, j'entre dans une zone " interdite " et signalée comme " dangereuse " car occupée par une scierie. Je passe outre toutes ces recommandations et interdictions car je n'ai pas le choix, le Tour du Coronat passe exclusivement par là !

 

 Photos sous un ciel incertain après mon départ du refuge de Callau

J'atteins très rapidement la scierie. Je ne la vois pas mais j'entends une grosse machine qui travaille dans la forêt. Par contre, je vois bien les couloirs largement défrichés comme des plaies béantes que cette " broyeuse " a occasionnée dans cette magnifique forêt. L'industrie du bois est certainement indispensable mais ces atteintes faites aux forêts me laissent toujours l'impression qu'elles sont réalisées sans discernement. J'ai le sentiment que les grands arbres comme les plus petits sont arrachés à la terre sans distinction ! Mais je me trompe sans doute ?

 

 A Cobazet, la scierie, des vestiges de l'exploitation du talc, la ferme

Je rencontre des ruines, vestiges d'un temps révolu où l'on transportait le minerai de talc par téléphériques. De là, je surplombe un grand pré et la ferme de Cobazet. Quelques minutes plus tard, je passe devant ce grand bâtiment isolé comme sorti de nulle part mais en parfait état de conservation.

 

Depuis la scierie, vue sur la ferme de Cobazet

Hormis quelques vaches et des ruches laissant à penser que la ferme est encore habitée et exploitée, il n'y a pas âme qui vive. 11h30, je m'arrête le temps de grignoter une barre de céréales, puis je quitte le pré par une piste qui file à travers une interminable forêt. Des pins sylvestres tout d'abord puis des feuillus de toutes sortes où la hêtraie supplante néanmoins les autres essences. De cette longue promenade en forêt, arrêts compris, je vais en ressortir les yeux émerveillés deux heures et demi plus tard. Emerveillé, je le suis tout d'abord par cette flore luxuriante tout au long du chemin mais aussi par les paysages environnants et les splendides vues plongeantes sur le village de Mosset et la vallée de la Castellane. Emerveillé, je le suis encore quand je surprends un jeune chevreuil remontant un talus. Je le vois avant qu'il ne me voit et il semble tellement surpris qu'il reste comme pétrifié et ne s'éloigne pas. Quant il réagit, j'ai eu le temps de préparer mon appareil photo. Il se contente de me contourner et me laisse le plaisir de le fixer sur un cliché. Puis dix minutes après cette " petite merveille ", que dire de cette sublime et singulière rencontre avec un grand cerf qui dort dans un bosquet à deux mètres de moi. Cette histoire rocambolesque mérite d'être conter en détails: " Le beau temps est revenu, même si quelques nuages blancs résiduels cavalent vers le sud poussés par une douce tramontane. Il est midi passé et je m'installe pour déjeuner au lieu-dit La Soulane sur la carte. Je sort les victuailles de mon sac et m'installe confortablement avec une vue grandiose sur les prémices de la plaine du Roussillon. Je dévore un sandwich puis un deuxième. Voilà déjà plus de dix minutes que je suis installé. Dans mon gosier, même avec du pâté, le pain de mie a du mal à passer. Je sors la gourde d'eau de mon sac, dévisse le bouchon et cogne malencontreusement le bouchon sur la paroi métallique de la gourde. Ce n'est qu'au son de ce tintement métallique du bouchon sur ma gourde qu'à deux mètres de moi, un cerf colossal se lève brusquement dans un froissement de feuilles et un craquement de branches qui me font tressaillir. J'ai juste le temps d'apercevoir son arrière-train et ses immenses bois avant qu'il ne détale en contrebas dans la forêt contiguë ". M'avait-il déjà entendu feignant cette léthargie, rassuré que je ne l'ai pas vu et certain de ne pas être découvert ? Ou dormait-il si profondément et a-t-il vraiment été réveillé par cette petite tonalité métallique pouvant lui rappeler l'horrible bruit d'une culasse dans un barillet ? Je ne le saurai jamais ! Mais ces brèves rencontres avec trois cervidés différents dans une même journée resteront pour moi parmi les moments les plus " inoubliables" de ce circuit autour du Coronat.

 

 Ce 5eme jour, j'ai la chance d'apercevoir de nombreux animaux : un isard, " Une merveille " de chevreuil (photo), un grand cerf, un beau lièvre (photo) !

Photos prises sur le chemin avec des panoramas sur la vallée de la Castellane, le Canigou, la plaine du Roussillon et des ruines au lieu-dit La Soulane

 

 A l'endroit même où un grand cerf se lève à deux mètres de moi

 

 Après 15 kilomètres dans la forêt et les sous-bois, je quitte définitivement le Domaine de Cobazet et quelques unes de ses merveilles !

Après cette pause déjeuner " à surprise ", je musarde en visitant de nouvelles et grandes ruines à l'écart du chemin puis je reprends ma route, aperçois un lièvre au milieu du chemin. Les oreilles dressées, il me regarde avancer sans broncher, puis, comme s'il avait vu le diable, il saute dans un fourré. Je cours et je le vois détaler. Je sors mon " numérique " et je le vois descendre dans la forêt. Je tente de le cadrer. Ouf ! Je crois qu'il est dans la boite !

  

Devant les ruines de la gare d'Estardé, vestige de l'exploitation du talc

Il est presque 14 heures, je quitte définitivement la forêt et le Domaine de Cobazet. Je suis arrivé au Serrat (*) d'Estardé devant la ruine d'une insolite gare. J'ai du mal à imaginer que le minerai de talc était acheminé jusqu'ici depuis la carrière de Callau et sur une quinzaine de kilomètres à travers des collines, des forêts et des cols ! Là, devant moi, une fois de plus un grand spectacle apparaît : une large vision panoramique où je découvre dans leur intégralité, la plaine du Roussillon et la vallée de la Têt, la cité de Prades, le barrage et la grande retenue " bleu " de Vinça, et une multitude de petits hameaux aux façades blanches et aux toits rouges. Au loin, la mer et les Albères. Sur ma droite, le massif du Canigou et celui du Coronat plus proche.

 

 Je quitte le Domaine de Cobazet, arrive au Pla de Balençou et la plaine du Roussillon se dévoile

A mes pieds, et contrastant étonnamment avec les riches forêts et les sombres sous-bois empruntés jusqu'ici, je vais maintenant descendre dans le " sinistre et broussailleux " Pla de Balençou. Sur ce plateau, hormis quelques petites zones de reboisement, des arbres il n'y en a pas. Seulement quelques arbustes et des buissons épineux. Je descends tout d'abord entre une embaumante haie de cistes, puis c'est des genêts très ras, des rosiers sauvages, des bosquets épineux de toutes sortes. Parfois, je croise un petit pin chétif et tordu par les vents : un petit pignon sans doute qui a trouvé un terrain propice à un frêle et fragile épanouissement ! Je continue à descendre " tout schuss " en essayant de garder à l'esprit que le hameau de Llugols est sur la droite de cet immense mamelon. D'ailleurs, deux jeunes gens arrivant sur un gros quad pétaradant me confirme que je dois quitter la piste et partir sur la droite au prochain carrefour. Je m'exécute et part sur la droite en direction d'un corral que j'aperçois de très loin. Je me retrouve sur une sente broussailleuse puis au fond d'un petit défilé asséché. Je le remonte, arrive à l'enclos et à l'aide de mon GPS constate que je me suis complètement fourvoyé.

 

 Au Pla de Balençou, deux jeunes gens font du quad

 

 Depuis le Pla de Balençou, quelques vues sur la plaine du Roussillon et le Mont Coronat

  

 Le Pla de Balençou est un plateau aride avec quelques zones de reboisement et un pastoralisme passé et présent

De ce monticule que forme le corral, j'aperçois sur ma droite une chapelle isolée. Je sors ma carte et constate que le bon chemin n'est pas très loin car il s'agit de la Chapelle Sainte-Marguerite, pas très éloignée à vol d'oiseau de Llugols mais séparée par un profond ravin. Je retrouve la bonne piste, en l'absence de balisage la reperd malgré mon GPS, puis la récupère au gré des chemins et des pistes qui partent en tous sens, j'arrive par erreur au lieu-dit Montsec, demande ma route. Il est 16 heures, d'un belvédère, je surplombe enfin Llugols, terme de mon étape. Dix minutes plus tard je me présente à la première personne que je rencontre, un monsieur qui bricole un morceau de bois devant sa maison :

 

 J'arrive à Llugols et au gîte de Monsieur Naulin

- Bonjour, je cherche le gîte de Monsieur Naulin ?

- Vous y êtes, je suis Dominique Naulin.

- Monsieur Jullien, j'ai réservé une demi-pension pour ce soir.

- Entrez et installez-vous, je vous sers à boire ?

- Oui, une bière bien fraîche si vous avez !

- Une 25, 33 ou 50 centilitres ?

- J'ai chaud, je crois que la 50 se laissera boire !

Voilà, avec la simplicité et la gentillesse qui semble le caractériser, Monsieur Naulin m'a immédiatement mis à l'aise et tout en bavardant, je déguste ma bière. Dans ce gîte, je m'y suis senti immédiatement bien comme si ce merveilleux "capharnaüm" m'envoyait des ondes positives. Ici le moindre objet évoque un voyage, une destination, un horizon lointain. Je regarde un meuble et il m'évoque l'Espagne, un tissu et je pars en Afrique ou en Provence, une statuette et je suis en Asie ou en Inde. Et que dire de ce " prodigieux " comptoir comme la proue d'un navire, il est à lui tout seul une invitation aux voyages.

  

 Vue depuis la terrasse du gîte, le Canigou a la tête dans les nuages !

Je laisse Monsieur Naulin vaquer à son travail d'ébéniste et pars me reposer. Dans cette chambre, j'ai le même sentiment de bien-être car elle a été pensée avec les mêmes goûts et la même originalité que le reste de la maison, loin des normes habituelles en matière de décoration et d'agencements. Je sais pourquoi j'y suis bien ! C'est parce que cette maison m'éloigne de mon quotidien stéréotypé ! En venant sur le Tour du Coronat, c'est bien cette fracture avec une certaine routine que je suis venu chercher ! Solitaire, je la découvre tous les jours sur les chemins mais je l'ai trouvé aussi aux Ocells à Jujols, au Presbytère à Nohèdes, au refuge de Callau et maintenant ici à Llugols. Ici, à Llugols je suis particulièrement sensible à cette quiétude que je vis dans l'instant. Ici tout paraît plus simple plus humble mais de cette humilité transparaît une grande sérénité. Ces grands espaces qui rayonnent dés que l'on sort du gîte, ces vergers qui descendent en pente douce, ces jardins potagers très ordonnés que les sangliers s'obstinent à défoncer, cette magnifique chapelle romane Saint-Christophe superbement restaurée, des chats trop heureux de se prélasser sur la terrasse ensoleillée, Bonnie, ce chien facétieux qui s'évertue à me suivre dès que je fais un pas, et puis que dire de Monsieur et Madame Naulin, mes charmants hôteliers qui m'installent comme un prince face au Canigou puis assis sur leur perron me regardent manger. Non ici à Llugols, je n'ai pas la vie d'un prince mais plutôt celle d'un roi. J'ai envie de leur dire : venez vous asseoir à ma table, je ne veux pas être servie comme un roi, je suis un humble chemineau ! Je prends conscience des " choses simples " de la vie qui consolident l'idée que je me fais du bonheur.

 

  Mon après-midi à Llugols, beaucoup de belles choses à découvrir

 

 Ici, à Llugols je suis particulièrement sensible à cette quiétude que je vis dans l'instant. Ici tout paraît plus simple plus humble mais de cette humilité transparaît une grande sérénité.

 

 Quelques photos de ma soirée à Llugols

Oui ici, à Llugols, je suis à la fois heureux et nostalgique. Nostalgique de mon passé quand je croise ces enfants qui descendent à tout berzingue sur des jouets à roulettes la seule piste du hameau. Enfant, dans le quartier de la Vieille-Chapelle à Marseille, je descendais de la même manière le Boulevard des Neiges sur ma carriole faite d'une planche et de quatre roulements à billes. Nostalgique du présent car demain le Tour du Coronat touche à sa fin et en terminant ce parcours, j'ai le sentiment de perdre quelque chose. D'ailleurs, je fais mien ce proverbe qui dit " ne cherche pas le chemin du bonheur car le bonheur c'est le chemin ! ".

Le soir tombe sur le Coronat, je suis sur ce rocher qui domine la chapelle Saint-Christophe et j'observe cette étrange croix néolithique gravée dans la pierre depuis des milliers d'années. A cet instant, je réalise davantage pourquoi les hommes viennent à Llugols depuis des temps ancestraux, je comprends mieux pourquoi de nombreux ermites venaient y vivre en autarcie, loin du reste du monde. Ici ils trouvaient le bonheur et la béatitude. Mais pour moi, il ne fait aucun doute, ce bonheur et cette béatitude, pour eux, c'était merveilleux ! Comme je le fais moi-même, ici à Llugols, tous ces hommes venaient chercher des merveilles. Ces merveilles, c'étaient celles du pays d'Alysse !

 

 J'observe cette étrange croix néolithique gravée dans la pierre depuis des milliers d'années. A cet instant, je réalise davantage pourquoi les hommes viennent à Llugols depuis des temps ancestraux, je comprends mieux pourquoi de nombreux ermites venaient y vivre en autarcie, loin du reste du monde. Ici ils trouvaient le bonheur et la béatitude.

 

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